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    RETEX: Feu du parlement de Bretagne à Rennes

    Dans la nuit du 4 au 5 février 1994, la ville de Rennes va connaitre l’un des incendies les plus marquants de son histoire : le Parlement de Bretagne, édifice séculaire et symbole de l’unité, de l’identité et de la culture régionale est en effet la proie des flammes. Retour sur une situation opérationnelle hors norme, riche d’enseignements…

    Durement éprouvés par la manifestation des marins-pêcheurs à l’occasion de la visite de Monsieur Balladur, Premier ministre, les sapeurs-pompiers du Corps districal de Rennes qui sont intervenus plus d’une centaine de fois ce jour savourent en début de soirée leurs premiers instants de répit. Cette accalmie est néanmoins de courte durée puisque dès 00 h 29 affluent les premiers appels au Centre de traitement de l’alerte de Rennes. L’alerte, émanant de particuliers puis de la Police Nationale, fait état d’un feu au niveau du toit du Parlement de Bretagne avec une odeur de brûlé et des crépitements perceptibles depuis la bas de la place située à environ deux cent mètres. Le détachement du CIP Rennes Saint-Georges, engagé en première intention et composé de deux engins-pompes, une échelle aérienne et un véhicule de commandement, se présente à 00 h 32. Rapidement un premier message d’ambiance est lancé sur les ondes radio par le chef de détachement : « petite boule de feu au niveau du cadran solaire ». Quelques minutes plus tard, sous l’effet de la chaleur, des ardoises éclatent, mettant au jour un foyer qui couve certainement depuis des heures. Favorisé par un fort vent d’ouest, l’incendie se propage de façon fulgurante le long de la façade originellement incriminée, menaçant à la fois le reste de la toiture et les immeubles à proximité. Au regard de cette situation, le Commandant des Opérations de Secours transmet à 00 h 35 un premier message de renseignements sans ambiguïté : « Feu de comble généralisé sur façade avant du bâtiment. Je demande renfort incendie et tous les moyens aériens ainsi qu’officier de permanence ».

    A ce stade, de hautes flammes lèchent les toitures des structures bâtimentaires environnantes, notamment rue Hoche et à l’angle de la rue Victor Hugo. Des escarbilles, balayées par les forces éoliennes en présence, retombent à plusieurs centaines de mètres de la zone d’intervention, n’excluant pas un risque de propagation par sautes de feu. L’incendie devient alors visible à des kilomètres à la ronde. Le COS décide en conséquence de faire évacuer les bâtiments sis rue Hoche et Salomon de Brosse.

    A environ 1 h 00, le feu intéresse la totalité des combles du Palais du Parlement de Bretagne. L’ensemble des effectifs de sapeurs-pompiers professionnels du District de Rennes est sollicité et arme quatre fourgons pompe-tonne, deux échelles pivotantes automatiques, un camion bras élévateur articulé, un camion dévidoir, quatre véhicules de secours aux asphyxiés et blessés et un poste de commandement mobile. Ce dernier d’ailleurs axe ses priorités sur la protection des infrastructures tiers datant du 18e siècle qui subissent de plein fouet le rayonnement thermique intense ainsi que sur une attaque massive menée par l’extérieur via les moyens aériens.

    Néanmoins, la démesure du sinistre épuise au fur et à mesure les ressources hydrauliques drainées par le réseau d’adduction d’eau potable de la ville qui trouve là ses limites. Ce paramètre impose alors de trouver prestement une solution palliative pour garantir les besoins en eau. Celle-ci se formalise au travers d’un ordre de conduite : six lignes de 110 mm sont établies sur 300 mètres dans les rues Jean Jaurès et Edith Cawell, le tout alimenté par des pompes en aspiration dans la Vilaine.

    A 1 h 30, le Parlement n’est plus qu’un immense brasier. En dépit de cette vision apocalyptique, la centaine de soldats du feu rennais continue avec ténacité d’œuvrer pour renforcer le dispositif d’extinction par l’extérieur, compléter la protection du secteur Est de la place et poursuivre la reconnaissance et l’attaque par l’intérieur. L’incendie ayant « phagocyté » l’ensemble du parc roulant du District de Rennes, des renforts convergent de tout le département sous la coordination du CODIS : Acigné, Montfort-sur-Meu, Fougères, Chartres-de-Bretagne, Chateaugiron, Vitré, Gévezé, Saint-Malo, Redon, Pacé, L’Hermitage, Montauban de Bretagne, …

    En plus des contraintes opérationnelles classiques liées à la limitation de la propagation d’un incendie et la protection des bâtiments tiers, les soldats du feu rennais se sont heurtés à la problématique d’attaque d’un feu de grande envergure, accessible essentiellement via les moyens aériens.
    L’évacuation et la protection des immeubles avoisinants ont été rapidement prises en compte par le COS étant donné le fort dégagement calorifique associé à la proximité et surtout la nature architecturale des infrastructures, typique d’une cité historique comme Rennes.

    La lutte, qui se joue maintenant depuis une heure, expose cependant les personnels et les premières victimes du devoir sont comptabilisées : Deux porte-lances sont ainsi impliqués dans des effondrements de plafonds. L’un d’eux grièvement brûlé nécessitera même d’être transporté au Centre Hospitalier Spécialisé de Nantes. Enfin, un troisième sapeur-pompier concourant à l’attaque au moyen du BEA du CIP Rennes-Beauregard est brûlé au deuxième degré sous son veston de cuir, preuve, s’il en était besoin, de la puissance calorifique dégagée par le sinistre.

    Trente minutes plus tard, cent cinquante soldats du feu issus de tout le département sont à pied d’œuvre. Seize engins lourds leurs fournissent le soutien technique pour débuter une action par l’intérieur de l’édifice en sus de celle menée à l’extérieur. Ainsi, cinq petites lances se fraient un chemin au rez-de-chaussée du prestigieux Palais. Concomitamment à l’attaque, il est décidé de préserver l’ensemble du contenu patrimonial qui peut l’être dès à présent. Soucieux de répondre à cet impératif, les sapeurs-pompiers prennent donc l’attache des architectes des Bâtiments de France, du Conservateur Régional ainsi que de l’architecte en chef des Monuments Historiques, dépêchés sur les lieux. Cet appui s’avérera ainsi précieux dans la mesure où très rapidement seront désignées les œuvres d’arts à sauvegarder en priorité. En outre, cette expertise permettra d’orienter plus finement l’action des secours sur des zones jugées plus sensibles et/ou de valeurs que d’autres.  

    A cet instant, des milliers de personnes qui se sont déplacés spontanément, assistent impuissantes et en silence au drame qui se joue. Une phrase prononcée cette nuit là – « J’ai mal à la Bretagne » – restera tristement célèbre dans la mémoire collective des rennais. Parmi eux, des personnalités sont également présentes au nombre desquelles monsieur Méhaignerie, ministre de la Justice et président du Conseil Général, monsieur Edmond Hervé, maire de Rennes, le préfet d’Ille-et-Vilaine ainsi que le procureur de la République.

    L’incendie est enfin circonscrit aux environs de 2 h 30 du matin par quinze grosses et 6 petites lances. L’inventaire du parc engin à cette heure de la nuit fait état de 13 FPT, 6 EPA et EPSA, 2 BEA, 3 DA + MPR, 1 VPRO, 1 PCM, 1 cellule logistique, 1 cellule éclairage, 1 VRM et 4 VSAB. Compte tenu du volume d’engins engagés, le renfort des départements voisins est devenu nécessaire pour assurer la couverture du risque courant sur l’agglomération rennaise.

    Alors que le Parlement dresse toujours fièrement les hauts murs de pierre qui constituent sa structure porteuse, l’ensemble de la toiture, elle, supportée par une charpente bois, est totalement tombée en ruine sur le niveau inférieur. Il est alors minuit dépassé de 3 heures… Cet état de fait complique d’autant la progression des sauveteurs dans les niveaux supérieurs du bâtiment. En sus, le risque d’effondrement de planchers consécutifs à l’accumulation de charges lourdes et des effets du feu comme de l’eau n’est pas écarté. Cela n’empêche pas néanmoins les soldats du feu de poursuivre leur mission permettant au COS de transmettre le message « maitre du feu » au groupe horaire 0358, malgré de nombreux foyers résiduels persistants.

    Les premières lueurs du jour révèlent alors l’immensité des dégâts : les combles constituant le quatrième niveau ont complètement disparu. Le troisième niveau, livré en totalité à la proie du feu et constitué de salles, de bureaux et de la bibliothèque historique, a également été détruit. Le sinistre a par ailleurs poursuivi son œuvre partiellement au deuxième niveau qui abritait la bibliothèque de la cour, la salle de lecture et des locaux des personnels de justice. Le rez-de-chaussée quant à lui n’a pas souffert du feu mais surtout des effets indirects de l’incendie et, par conséquent, de nombreuses infiltrations dues à l’eau utilisée pour le combattre.

    Une fois la toiture consommée, le feu poursuivra son oeuvre destructrice vers les niveaux inférieurs au grand dam de la population rennaise attaché à cet emblème de la Bretagne.

    L’incendie est enfin circonscrit aux environs de 2 h 30 du matin par quinze grosses et 6 petites lances. L’inventaire du parc engin à cette heure de la nuit fait état de 13 FPT, 6 EPA et EPSA, 2 BEA, 3 DA + MPR, 1 VPRO, 1 PCM, 1 cellule logistique, 1 cellule éclairage, 1 VRM et 4 VSAB. Compte tenu du volume d’engins engagés, le renfort des départements voisins est devenu nécessaire pour assurer la couverture du risque courant sur l’agglomération rennaise.

    Alors que le Parlement dresse toujours fièrement les hauts murs de pierre qui constituent sa structure porteuse, l’ensemble de la toiture, elle, supportée par une charpente bois, est totalement tombée en ruine sur le niveau inférieur. Il est alors minuit dépassé de 3 heures… Cet état de fait complique d’autant la progression des sauveteurs dans les niveaux supérieurs du bâtiment. En sus, le risque d’effondrement de planchers consécutifs à l’accumulation de charges lourdes et des effets du feu comme de l’eau n’est pas écarté. Cela n’empêche pas néanmoins les soldats du feu de poursuivre leur mission permettant au COS de transmettre le message « maitre du feu » au groupe horaire 0358, malgré de nombreux foyers résiduels persistants.

    Les premières lueurs du jour révèlent alors l’immensité des dégâts : les combles constituant le quatrième niveau ont complètement disparu. Le troisième niveau, livré en totalité à la proie du feu et constitué de salles, de bureaux et de la bibliothèque historique, a également été détruit. Le sinistre a par ailleurs poursuivi son œuvre partiellement au deuxième niveau qui abritait la bibliothèque de la cour, la salle de lecture et des locaux des personnels de justice. Le rez-de-chaussée quant à lui n’a pas souffert du feu mais surtout des effets indirects de l’incendie et, par conséquent, de nombreuses infiltrations dues à l’eau utilisée pour le combattre.

    Sources :

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