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    Le sauvetage des sauveteurs : les méthodes étrangères – Partie 3 –

    En Europe et aux Etats-Unis, nos homologues ont mis en place des méthodes de sauvetage de sauveteurs, selon leur modèle économique et si, celui des nord-américains paraît comme une formule riche, celui des Suédois ressemble davantage au notre.

    En Suède, la mise en place d’équipes dédiées au sauvetage de sauveteurs n’est pas au programme. Bien au contraire. Pour ces pompiers du nord de l’Europe, former des personnels et les utiliser uniquement dans le but de sauver leurs collègues, n’est pas une solution acceptable.

    La position des instructeurs nationaux est sans équivoque. On ne doit pas se préparer à l’accident, on doit l’éviter. À ce titre, est préféré une formation adaptée, au plus proche de la réalité. Pendant plusieurs mois, les pompiers en formation initiale vont donc enchaîner les exercices, se confronter à de multiples générateurs de stress et apprendre à réagir en fonction de ces situations. Ce long apprentissage de la connaissance de la lutte contre l’incendie, des moyens à mettre en œuvre, et surtout de l’attitude à adopter, s’avère à lui seul, plus long qu’une formation initiale complète de sapeurs-pompiers professionnels en France sachant que les pompiers suédois n’assurent pas les missions de secours à personnes. À l’issue de leur formation, les pompiers suédois disposent d’une capacité d’analyse des situations opérationnelles extrêmement développée qui a leurs yeux est la meilleure garantie pour éviter, ou faire face aux conséquences d’un accident. Ainsi à chaque instant on ne se prépare pas à réagir à l’accident, mais plutôt à l’éviter. Toutefois, il est toujours possible qu’un accident survienne.

    La formation inculque des méthodes d’évacuation de sauveteurs, lesquelles peuvent également être adaptées aux victimes civiles. À l’inverse, les techniques opérationnelles peuvent parfois sembler déroutantes en termes de sécurité. En effet, les suédois travaillent en trinôme avec un principe de fonctionnement bien posé. Le binôme s’engagé est couvert par le dernier équipier qui progresse en suivant avec une lance. Interrogés sur ce point, les pompiers justifient une telle attitude par la qualité de la formation et l’ancienneté de celui qui est en charge de soutenir ses collègues. Bien que ce principe soit parfois remis en cause par les pompiers eux-mêmes, ces choix de formations et ces techniques opérationnelles, dont on pourrait discuter longtemps, ont semble-t-il fait leur preuve, au vu du très faible nombre d’accidents qu’ils ont eu à subir au cours de ces dernières années, où aucun décès n’a été recensé.

    Et aux Etats-Unis…

    Le Chicago Fire Department (CFD), deuxième plus grand corps de pompiers des Etats-Unis d’Amérique, a institué le 25 novembre 2002, un programme visant à systématiser l’engagement d’équipe d’intervention rapide (Rapid Intervention Team) sur tout incendie avéré, effondrement ou accident inhabituel. Chargées d’assister tout sauveteur en difficulté lors d’une opération complexe, ces unités spéciales sont composées d’un chef de groupe, une échelle aérienne sans nacelle armée par 5 hommes, une ambulance de réanimation et un officier du service de santé.

    A disposition du commandant des opérations de secours, ces entités sont mobilisables à tout moment lorsque la situation l’exige. Les procédures en vigueur au sein du CFD prévoient également une montée en puissance du secteur fonctionnel dévolu au sauvetage de sauveteurs dès lors que la RIT est engagée.

    Cette disposition, connue sous le nom de « Mayday Response », implique, concomitamment à l’action de secours à destination des intervenants, le déclenchement d’une deuxième RIT, une squad company (au CFD, binôme d’engins composé d’un fourgon lourd et d’un bras élévateur articulé, armé par du personnel confirmé), une unité d’assistance respiratoire, deux ambulances, une unité de sauvetage-déblaiement et un véhicule d’éclairage. En outre, la demande de renfort reposant sur des niveaux d’alerte croissants (still alarm, working still alarm, still and box alarm puis 2-11 à 5-11 alarm) correspondant à un volume d’engins donné, tout message mentionnant une « mayday situation » induit automatiquement une élévation à l’échelon opérationnel suivant. Le recours à des moyens complémentaires sur une opération justifiant déjà d’une 2-11 alarm où plus reste cependant à la discrétion du COS.

    Au FDNY, le corps des pompiers de la ville de New York, le nombre d’accidents et de décès en service commandé étant relativement important, le concept de « RIT », Rapid Intervention Team, littéralement  équipe d’intervention rapide, a été rapidement intégré.

    Afin d’apporter une réponse efficace, le FDNY a défini la nature des risques, les conditions de mise en œuvre, les matériels et les personnels nécessaires à leur mise en œuvre puis a assuré la formation de tous les personnels opérationnels a ces techniques spécifiques.

    C’est ainsi qu’il a été défini que pour chaque feu de structure batimentaire avéré, confirmé par le code radio 10-75, serait inclus une échelle aérienne et son équipage uniquement dédiés à cette fonction dans le train de départ de moyens complémentaires.

    Cet engin est ponctuellement désigné sous l’appellation « FAST Truck » (Firefighter Assist Search Team signifiant équipe d’assistance et de recherche de pompiers.

    De plus, cet acronyme FAST signifie rapide en anglais et truck est l’appellation usuelle utilisée par les pompiers new yorkais pour désigner une échelle aérienne. C’est le centre de gestion d’alerte qui, au départ, défini et informe par radio quelle échelle assurera la fonction de FAST truck.

    Le véhicule ainsi désigné et son équipage se mettent à disposition du Cos durant toute la durée de l’opération. Pour mener à bien cette mission, l’équipage du FAST Truck dispose de personnels en tenue de feu, d’une barquette de sauvetage qui regroupe un jeu d’outils à main, la fameuse barre halligan et une hache à tête plate, une gaffe, une scie circulaire à moteur thermique et une caméra thermique. Enfin, chaque pompier opérationnel dispose à titre personnel et individuel d’un harnais en port permanent en opération associé à un pack de sauvetage individuel lui permettant d’évacuer un bâtiment par l’extérieur depuis un troisième niveau.

    Pour en savoir plus...

    Pour les sapeurs-pompiers depuis la fonction d’équipier jusqu’au commandant des opérations de secours !

    Le sauvetage des sauveteurs – Partie 1 –

    Les pompiers sont aussi les victimes des sinistres qu’ils viennent combattre. Chez nos voisins, des formations existent pour sauver les sauveteurs. En France, nous en sommes encore très loin, même si certains Sdis avancent dans ce domaine, conscients que la vie d’un sapeur-pompier est inestimable. Il est 23h30 ce jour lorsque votre bip sonne : départ FPT ! Vous êtes engagé dans le cadre d’un groupe incendie pour feu d’appartement… Chef d’équipe BAT, vous finissez de vous équiper tout en écoutant attentivement votre chef d’agrès répondre au Codis qui lui confirme un feu avéré avec nombreux appels. La présence de victimes

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    Sapeurs-pompiers en pleine fumée

    Le sauvetage de sauveteur : mode d’emploi – Partie 2 –

    Pour déjouer un piège, il faut déjà en connaître les principes. Puis, savoir quelles sont les techniques existantes pour s’en sortir vivant. Un feu dans un bâtiment représente un duo hostile et dynamique qui peut piéger le sauveteur. Une attitude proactive et pragmatique est source de savoir, savoir-faire et savoir-être face aux pièges qui, hélas, ont déjà tués des sapeurs-pompiers. Pourquoi un sauveteur, engagé sous ARI dans un bâtiment où se développe un incendie, peut-il devenir une victime ? Quelles sont les techniques pour prévenir ces dangers, voire y réagir ? En décembre 2003, le colonel Pourny conclut un rapport demandé par

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    Itinéraires de repli et de secours

    Évacuer une structure en urgence n’est pas toujours facile. Afin d’augmenter la sécurité des personnels, il est important d’identifier, dès la reconnaissance, l’emplacement des itinéraires de repli, mais également des itinéraires de secours. Lors de sa parution en 2003, le GNR Explosion de fumées – Embrasement généralisé éclair édictait la règle de l’itinéraire de repli et de l’itinéraire de secours. Bien que primordiale, celle-ci n’est malheureusement pas appliquée tous les jours sur le terrain. Pourtant, elle fut reprise dans le cadre du rapport Pourny et elle est également présente dans le dernier GNR, concernant l’ « utilisation des lances à eau à

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