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    Réflexion sur les parcours professionnels des officiers de sapeurs-pompiers

    Année après année les concours d’officiers se déroulent pour les grades de lieutenant et de capitaine… L’examen professionnel de commandant est de nouveau au-devant de la scène et s’est d’ailleurs tenu récemment. Enfin nous observons depuis 3 ans la mise en place d’un concours de colonel (ESD) et les promotions qu’il produit.

    Qu’en est-il des profils recrutés ? Quelles sont les aspirations et ambitions de chacun ? Quelles seront les possibilités des officiers ? Cet article tend à réfléchir en commun sur les parcours professionnels des officiers de sapeurs-pompiers d’aujourd’hui et de demain.

    L'état des lieux

    Heureux sont les lauréats des concours de lieutenant de sapeurs-pompiers professionnels. L’épaulette fixée après un an voire pratiquement deux ans de formation voilà nos jeunes officiers en fonction dans les SDIS. Unité opérationnelle ou service fonctionnel, tous les profils se confondent. Entre le pompier issu “du rang”, au titulaire d’un DUT hygiène et sécurité, jusqu’au Docteur en physique quantique, tous les profils se confondent et collaborent efficacement. Leurs parcours ? Ils se dessineront selon les volontés personnelles et leur mérite. Ils se présenteront quelques années plus tard au concours de capitaine, puis à l’examen professionnel de commandant pour certains et les plus brillants, ils pourront porter le galonnage de poitrine de commandant et plus tard nous les appellerons “Mon Colonel”.

    Depuis quelques années le concours de capitaine externe s’est ouvert, et appelle les titulaires d’une licence minimum à se présenter. Ces jeunes universitaires sont souvent titulaires d’un MASTER 2 ; bien à la profession de recruter des personnes diplômées et spécialisées dans l’un des domaines qui construit la sécurité civile. Gestion globale des risques, chimie, radiologie, droit, ressources humaines. Les spécialistes sont un avantage considérable dans l’étude technique.

    Mais ne voyons-nous pas apparaître deux lignées d’officiers ? 

    Les gens de terrain et d’expérience, les “chefs”, ces officiers issus d’un parcours professionnel depuis la base ou quasi, accoutumés aux conflits de remise, ces officiers “couteau-suisse” qui répondent très vite dans l’adaptation. Et dans une deuxième branche, ces officiers brillants par le socle de connaissances acquis en formation universitaire, avec un regard d’experts sur des questions techniques concernant les risques, les carrières par leur formation RH, sur le droit car certains sont juristes ou avocats de formation.

    Assurément les uns et les autres sont complémentaires !

    Entrevoir deux filières ?

    Outre la transversalité des missions que doit savoir réaliser un officier, certains devraient-ils embrasser une carrière “technique” dans la profession ? Et d’autres du commandement ? L’amorce du parcours professionnel d’officier pourrait être commun, lieutenant et capitaine en unité opérationnelle, au contact, jusqu’au temps de commandement d’un centre de secours, d’une compagnie… Puis à partir du grade de capitaine sorti de son temps de commandement nous pourrions trouver d’une part des spécialistes des transmissions, de la cartographie, des ressources humaines, de la gestion technique et matérielle, de la prévention des risques mais également des profils qui seraient voués à commander de nouveau.

    Commander des centres de secours à plus de 50 pompiers professionnels, un groupement territorial, prendre des fonctions de Directeur Départemental Adjoint (DDASIS), et de Directeur Départemental (DDSIS). Parmi ces derniers, les plus brillants s’avanceraient sur l’échiquier des emplois supérieurs de direction, en Administration Centrale.

    L'expérience personnelle reconnue ?

    Il y a une catégorie particulièrement intéressante, celle des officiers brillants par nature qui étoffent leurs compétences tout au long de leur carrière. Une part du corps des officiers, durant sa carrière, cherche à gagner en compétences. Ces officiers qui, en plus de leurs fonctions, passent des diplômes universitaires ou développent naturellement des compétences managériales ou techniques. La passion du métier étant là, ils ne se limitent pas à leur emploi et continuent de se former individuellement parfois sur leurs deniers personnels dans le silence. Il doit être bien difficile de les repérer, mais ces personnes sont une ressource non négligeable. Connaissance des réalités locales, esprit d’analyse et de synthèse ! Rien ne les empêcherait d’avancer dans les grades, forts d’une riche expérience personnelle et d’un développement naturel des compétences.

    Pour conclure, le corps des officiers est riche de compétences et de personnalités. Des officiers brillants par leur niveau d’expertise et de technicité, mais également des officiers respectables par leur manière d’administrer un collectif, de manager des unités. Intégrer deux filières serait il un moyen d’asseoir les officiers dans leur domaine de compétence ?

    Tout cela reste une réflexion qui nous appartient collectivement de mener…

    Pour aller plus loin...

    Crédit photo: ENSOSP

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