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    La (bonne) solitude du chef

    On a souvent à penser à la solitude du chef et des conséquences négatives qui s’appliquent à son statut. Le sentiment d’être seul, d’être épuisé, délaissé, d’avoir l’entière responsabilité des décisions prises… Or il apparait que la solitude du chef est parfois bienvenue et salutaire. Oui le chef a aussi besoin de se retrouver seul. Pourquoi ? Réponse.

    Se concentrer

    Il est impératif pour le chef de devoir se concentrer. En effet, il s’agit d’être totalement “focus” sur la tâche qui lui incombe. Ils ne se dédie uniquement qu’à sa mission et à la conception de cette dernière. Quel chef n’a pas cherché un jour à s’isoler afin de pouvoir se concentrer? Qu’il s’agisse de s’enfermer un moment dans son bureau, de couper son téléphone portable, ou même de décider de rentrer plus tard à la maison afin d’avoir un temps de réflexion en fixant le plafond blanc de son bureau. Il est important d’écarter tous les parasites visuels, audio et autres, de son environnement quand l’on cherche à se concentrer. Et nous savons bien que dans un monde ultra-connecté en 2020, il est difficile d’y échapper. Se concentrer c’est ainsi saisir le meilleur de son potentiel et le laisser s’organiser afin que la lumière apparaisse, afin que la mission devienne claire dans l’espace et dans le temps.

    Penser l'action

    Le chef est avant tout un chef d’orchestre. Il lui appartient d’accorder les instruments, donner le rythme, l’entretenir , et enfin coordonner l’action de tous les instruments durant l’action. Penser l’action, c’est avant tout la préparer, la conceptualiser, faire l’inventaire de tous les outils que nous avons a disposition, des compétences humaines, des caractères, des forces et faiblesses. S’en suit le fait d’établir le déroulement des évènements, sans jamais oublier l’hypothèse la plus favorable mais également la plus défavorable, réduisant au maximum le temps de flou si le cours de l’action vient à se dégrader mais aussi pour augmenter sa capacité de résilience. Penser l’action c’est l’intégrer, la faire sienne, la vivre pleinement et être convaincu de cette dernière.

    Penser sa place

    Le chef dans son statut se doit de penser sa place. Non pas la penser en se donnant une envergure orgueilleuse, non, penser sa place dans l’action même. Sa place géographique tout d’abord. Où serai-je ? sur la première ligne? et dans ce cas je risque de manquer de recul et d’angle de vue quitte à peut-être mettre en péril le bon dénouement. Derrière? Oui car j’aurai à prendre en compte l’ensemble des éléments mais pour autant il faut que je reste au contact visuel de mes hommes pour qu’il sente que je suis présent, que je tiens debout et que je leur insuffle force et détermination. Dans mon bureau? Afin d’avoir certes une hypervision de la situation mais je perds le contact avec mes hommes … A chaque situation le chef se doit de penser sa place. Penser sa place également dans la conduite de cette dernière, dans les messages qu’il fait passer. Confiance, respect, regard franc, et mots bien pesés ne font qu’assoir sa place déjà reconnue.

    Penser le collectif

    Le chef n’est rien sans le groupe qu’il commande. 5, 10, 50, 100, 200 personnes. Il se doit de penser l’ensemble du groupe. Et penser un groupe pourrait se résumer par la sensibilité à chacune des individualités dans la globalité d’une action commune où le groupe, dans l’action, ne fait qu’un. “Pour commander des hommes il faut commencer par les aimer” me confiait un officier de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) il y a 12 ans. Assurément cette phrase prend tout son sens quand vous vous retrouvez au milieu de ce groupe, sans appréhension, sans crainte, et que vous partagez avec eux par des moments amicaux et complices. Oui, être chef c’est aussi savoir se confondre permis les siens, échanger des poignées de main, une tape sur l’épaule, un main sur la nuque pour témoigner de sa reconnaissance envers ceux qui servent directement l’action. Etre un chef c’est surement avoir l’amour d’un père et la fermeté d’un chef de guerre.

    Isolement et mise en perspective

    Dans son isolement le chef met en perspectives toutes les données qu’il a en main. L’action qui lui est confiée dans quel cadre s’inscrit-elle ? Quels sont les enjeux politiques? géopolitiques? économiques? sociologiques? Il a besoin de peser son action dans un monde global, dans un environnement local, et surtout inter-partenaires. Il a besoin de mettre en perspective le carnet de route institutionnel, en corrélation avec la déclinaison des actions dont il a la charge.

    En somme, le chef dans sa solitude, trouve aussi le ressort nécéssaire afin de pouvoir s’appliquer à sa tâche avec tout le recul que cela demande. Ces moments de solitude, sont salutaires afin qu’il puisse se retrouver seul face aux évènements , conceptualiser sa mission et ainsi pouvoir assumer un collectif et la mission dont il est responsable.

    B.M

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